Italie

Meilleur quartier Rome : où dormir pour un premier séjour

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Camille Cottet

Écrit par : Camille

Expatriée à Rome depuis 6 ans

✓ Prix vérifiés sur place

En bref
Monti pour un premier séjour (branché, métro Cavour, dès 80 €/nuit), Trastevere si vous voulez l’ambiance (dès 70 €), Centro Storico si le budget suit (à partir de 150 €). J’habite Rome depuis six ans et franchement, 90 % des voyageurs seront bien dans l’un de ces trois. Le reste, c’est une question de budget et de ce que vous supportez comme niveau de bruit — je détaille tout en dessous.

Bon, je vais être honnête : quand on m’a demandé d’écrire un énième guide sur les quartiers de Rome, j’ai levé les yeux au ciel. Des guides comme ça, il en existe 400. Le problème, c’est que la plupart sont écrits par des gens qui ont passé quatre jours à Rome en mai et qui vous recommandent de « découvrir le charme authentique du Trastevere ». Merci, super utile.

Six ans que j’y vis. Six ans de loyers qui augmentent, de touristes qui bloquent les trottoirs avec leurs perches à selfie sur le Ponte Sisto, et de carbonara à 18 € qui me donnent envie de pleurer. Mais aussi six ans de matins silencieux dans des ruelles où personne ne va, de cafés à 1 € au comptoir (essayez de trouver ça à Paris), et de cette lumière dorée de fin de journée qui rend n’importe quelle façade décrépite magnifique.

Alors voilà ce que j’ai à dire. Pas la version lisse. La vraie.

Les 3 quartiers qui valent le coup (et pourquoi les autres sont en dessous)

Quartier Avantages Budget/nuit Pour qui ?
Centro Storico Tout à pied, monumental 150-250€ Courts séjours, budget flexible
Trastevere Vie de quartier, bonnes tables 70-120€ Couples, food lovers
Monti Métro, branché, compact 80-130€ Jeunes voyageurs, premier séjour

Centro Storico – Magnifique, épuisant, hors de prix

Piazza Navona et fontaine des Quatre-Fleuves à Rome

Le Centro Storico, c’est Rome en intraveineuse. Le Panthéon, la Piazza Navona, le Campo de’ Fiori — tout est là, dans un mouchoir de poche. Le matin, vers 7h, les ruelles sont encore désertes, les pavés mouillés par les agents d’entretien. On entend les moineaux. Puis vers 10h ça bascule et vous avez l’impression d’être dans un centre commercial à ciel ouvert.

Côté prix, c’est simple : c’est le quartier le plus cher de Rome. Minimum 150 € la nuit pour un 3 étoiles correct. En haute saison ? 200 € facile, et encore, pour un truc minuscule. Les B&B et petits appartements offrent un meilleur rapport qualité-prix, mais il faut réserver tôt — genre deux mois à l’avance en avril-juin.

Le piège numéro un, et je le vois chaque semaine : les restaurants autour de Piazza Navona. Des menus plastifiés avec photos, une carbonara réchauffée à 18 €, un serveur qui vous appelle « amico ». À fuir. Le vrai Centro Storico se mange dans les rues perpendiculaires, là où il n’y a pas de menu en anglais. Roscioli, Via dei Giubbonari 21, fait l’une des meilleures carbonara de Rome. Mais le lieu est devenu victime de son propre succès — comptez 45 minutes d’attente sans réservation. Le marché du Campo de’ Fiori, tous les matins sauf le dimanche, est plus touristique qu’il y a dix ans. Mais les étals de légumes de saison donnent encore au quartier un rythme que les rues commerçantes ont perdu depuis longtemps.

L’architecture ici raconte vingt siècles d’histoire sur quelques centaines de mètres. Temple romain reconverti en église, palazzo Renaissance, fontaine baroque — sans transition, sans panneau, sans explication. Ça peut être grisant ou étouffant selon votre seuil de tolérance. Deux jours suffisent pour les grands classiques. Après, on sature.

Transport : aucune station de métro. Les plus proches sont Barberini et Spagna (ligne A), à 10-15 minutes à pied. Ici, on marche. Beaucoup.

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Mon avis

Le Centro Storico, c’est bien pour 2-3 jours si vous voulez tout concentrer. Au-delà, c’est épuisant — trop de monde, trop de bruit la nuit, trop cher pour ce que c’est. Pour un séjour de 5 jours ou plus, posez vos valises à Monti ou Trastevere et venez au centre à pied. Vous gagnerez en qualité de vie et en sommeil.

Trastevere – Mon quartier, avec ses défauts

Ruelle typique du quartier Trastevere à Rome

Je vis à Trastevere. Alors oui, je suis biaisée.

Mais franchement, c’est le quartier qui ressemble le plus à ce que les gens imaginent quand ils pensent « Rome ». Ruelles pavées, façades ocre, linge qui sèche aux fenêtres, mamies qui s’engueulent d’un balcon à l’autre. Le cœur bat autour de la Piazza Santa Maria in Trastevere, avec sa basilique dorée qui éclaire la place le soir — un des plus beaux spectacles gratuits de la ville.

Les restaurants sont un champ de mines. Sur dix adresses, six sont des attrape-touristes. Mais les quatre qui restent valent le déplacement. Da Enzo al 29 (Via dei Vascellari, 29) : cuisine romaine, cacio e pepe, artichauts frits, trippa. Pas de réservation, file d’attente quasi systématique. Comptez 12-15 € le primo. Est-ce que ça vaut 40 minutes debout dans la rue ? Oui. Enfin, ça dépend des jours.

Le Trastevere de jour et celui de nuit, c’est deux quartiers différents. Le jour : poussettes, chats, petites épiceries. Le soir, la jeunesse romaine et les Erasmus envahissent les bars de la Via della Lungaretta. Le bruit peut être un vrai problème si votre Airbnb donne sur une rue passante — j’ai un ami qui a dormi trois nuits avec des bouchons d’oreille en juillet. Pas le rêve italien.

Budget : à partir de 56 € la nuit au B&B Hotel Roma Trastevere. Pour un petit hôtel ou appartement au cœur du quartier, comptez 70-90 €. C’est nettement moins cher que le Centro Storico, et l’expérience est souvent meilleure.

Point faible — et c’est un vrai sujet : pas de métro. Le tram 8 relie le quartier à Piazza Venezia et au Largo di Torre Argentina. Sinon, 20-25 minutes à pied pour le Colisée en traversant l’Isola Tiberina. Agréable le matin. Nettement moins au retour après 20 km dans les pattes.

Un truc que personne ne dit dans les guides : le Trastevere a deux visages géographiques. Le nord (autour de Piazza Santa Maria) est le plus animé et le plus bruyant. Le sud, vers la Via dei Vascellari et la Via Anicia, est calme, résidentiel, et c’est là que se cachent les meilleures adresses. Si vous réservez un logement, visez le sud. Toujours.

Monti – Le quartier que je recommande à tout le monde (ou presque)

Le Colisée vu depuis le quartier Monti à Rome

Monti est le quartier que je conseille par défaut quand un ami français me dit « je viens à Rome, je dors où ? ». C’est pas le plus beau. C’est pas le plus authentique. Mais c’est le plus pratique, et en voyage, la praticité change tout.

Coincé entre le Colisée et la gare Termini, cet ancien quartier populaire s’est transformé en repaire de bars à vin, friperies et restos néo-trattoria. La Via Panisperna est l’artère principale. Ai Tre Scalini (Via Panisperna, 251) est une institution pour l’aperitivo. Le Tavernelle (Via Panisperna, 48) attire les locaux en fin de journée. Et la Piazza della Madonna dei Monti, c’est le salon en plein air du quartier — les gens s’assoient sur les marches de la fontaine avec une bière à la main. Très « piazza italienne » comme ambiance, en mieux que ce que les films montrent.

Le gros avantage : le métro Cavour (ligne B) est en plein cœur du quartier. Deux stations du Vatican (changement à Termini, ligne A direction Battistini, descente à Ottaviano). Le Colisée est au bout de la rue, 10 minutes à pied. En comparaison, depuis le Centro Storico ou Trastevere, rejoindre le Vatican prend facilement 40 minutes — sans métro.

Hébergement : 80-120 € la nuit pour un hôtel ou B&B bien placé. Le marché vintage de Via Leonina le dimanche, le Mercato Monti (Via Leonina, 46) le samedi matin — créateurs locaux, artisans, trouvailles. C’est vivant sans être fatigant.

Seul bémol : Monti est en pente. Les rues grimpent entre la Via Cavour et la Via Nazionale. Avec des valises ou un enfant en poussette, ça pique. Et le quartier est petit — trois ou quatre rues qui se croisent. On en fait le tour en une heure. Mais c’est justement ce côté village dans la ville qui fonctionne.

Centro Storico Trastevere Monti
Budget/nuit 150-250 € 70-130 € 80-150 €
Ambiance Touristique, monumental Village animé Branché, jeune
Métro Aucun (10-15 min à pied) Aucun (tram 8) Cavour (ligne B)
Pour qui ? Court séjour, budget flexible Couples, séjour long Trentenaires, solo

Quel quartier selon votre profil

Première visite à Rome

Monti. Point. Le Colisée à 10 minutes, le métro Cavour pour rejoindre le Vatican en 20 minutes (changement à Termini, ligne A direction Battistini, descente à Ottaviano), l’aperitivo Via Panisperna le soir sans subir les foules du centre. Le Centro Storico marche aussi si vous avez le budget, mais Monti est plus malin.

L’erreur classique des primo-visiteurs : réserver près de Termini « parce que c’est pratique ». Sur le papier, oui. Dans la vraie vie, les abords de la gare sont moches, bruyants, et l’ambiance le soir n’est pas top. Dix minutes de marche en plus, vous êtes à Monti. Autre monde.

Budget serré

Deux options : Termini/Esquilino ou San Lorenzo.

Termini : à partir de 30-65 € la nuit. C’est le hub de transport — métro lignes A et B, bus vers Fiumicino et Ciampino, trains pour Naples ou Florence. Le quartier n’est pas beau. Je ne vais pas vous mentir en disant qu’il a « un charme discret ». Il n’en a pas. Mais il est fonctionnel et ça, ça compte quand on surveille chaque euro.

San Lorenzo, juste derrière la gare : quartier étudiant, proximité de La Sapienza. Bière à 4 €, pizza al taglio à 3 €. Quand je compare avec ce que je payais à Saint-Michel à Paris pour un demi… bref. Les hébergements sont rares mais les quelques B&B et auberges affichent des tarifs imbattables. Limite du quartier : rien à voir côté tourisme (la basilique San Lorenzo fuori le Mura mise à part), et de jour c’est franchement pas photogénique.

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Budget moyen par jour à Rome

Hébergement : 65-100 € (chambre double) • Repas : 30-50 € (trattoria + pizza) • Transport : 7 € (pass journalier) ou 1,50 € le ticket simple • Visites : 15-30 € (Colisée + Forum : 18 €). En comparaison, un budget équivalent à Paris vous donne moitié moins — Rome reste une des capitales européennes les plus abordables si on sait où manger.

Voyage de luxe

Le Centro Storico et Prati. Dans le Centro Storico, les palazzos reconvertis en hôtels 5 étoiles vous offrent des terrasses avec vue sur les toits. Comptez 300 € la nuit minimum. C’est cher. Mais vous dormez dans un bâtiment du XVIIe siècle avec des fresques au plafond, et ça, même le George V ne peut pas le faire.

Prati est l’option que je préfère, personnellement. Ce quartier résidentiel bourgeois, de l’autre côté du Tibre face au Vatican, a une ambiance presque parisienne — beaux immeubles haussmanniens, boutiques de créateurs sur la Via Cola di Rienzo, restaurants que les Romains fréquentent sans les touristes. Les hôtels 4 étoiles y démarrent à 84 € (selon Hotels.com), ce qui en fait un excellent rapport qualité-prix pour le segment luxe. Franchement, entre un 3 étoiles fatigué dans le Centro Storico à 180 € et un 4 étoiles propre à Prati à 120 €, le calcul est vite fait.

En famille

Le Centro Storico avec des enfants ? Non. Les ruelles pavées avec une poussette, c’est un cauchemar — je l’ai vu cent fois, des parents au bord de la crise de nerfs sur les sampietrini.

Mon choix : Prati. Trottoirs larges, rues planes, supermarchés (le Carrefour Express de Via Germanico dépanne quand il faut des couches à 22h), métro Ottaviano (ligne A) à côté, Vatican à 5 minutes à pied. Les enfants adorent la montée en ascenseur vers la coupole de Saint-Pierre. Les gelaterias de la Via dei Gracchi sont parmi les meilleures de Rome. Le long du Tibre, la promenade piétonne offre de l’espace pour courir. Et le Castel Sant’Angelo avec ses remparts fascine les gamins autant que le Colisée, avec zéro queue.

Monti fonctionne aussi si les enfants marchent bien. Le quartier est compact, le Colisée captive tous les âges, et la Piazza della Madonna dei Monti fait un point de ralliement parfait pour une pause glace. Pendant les vacances scolaires françaises, par contre, attendez-vous à des queues partout — réservez vos billets en ligne, sans exception.

⚠️

Chaussures

Rome est une ville de pavés et de collines. Sandales : non. Chaussures de marche : oui. Avec des enfants en bas âge, un porte-bébé sera infiniment plus pratique qu’une poussette dans la plupart des quartiers. J’ai fait l’erreur avec une amie qui avait sa Yoyo — résultat, on a porté la poussette plus souvent que le bébé.

Les autres quartiers (version honnête)

Au-delà du top 3, Rome a une dizaine de quartiers où dormir. Certains valent le détour, d’autres sont des plans B. Je ne vais pas mettre la même énergie sur chacun — certains méritent un long développement, d’autres trois lignes.

Vatican et Prati

Basilique Saint-Pierre vue depuis le quartier Prati à Rome

On confond toujours les deux. Le Vatican, c’est le Vatican — vous n’y dormez pas, sauf si vous êtes cardinal ou que vous avez un arrangement très particulier avec le Saint-Siège. « Dormir près du Vatican », ça veut dire Prati ou Borgo.

Borgo, le petit quartier médiéval collé aux murs du Vatican, a gardé un vague charme de village. Les hôtels y sont chers (proximité Saint-Pierre oblige) et les restaurants sont globalement médiocres. Le genre d’endroit où un tiramisu industriel coûte 8 €. Passez votre chemin pour les repas.

Prati, en revanche — j’en ai déjà parlé plus haut mais j’insiste — c’est une vraie découverte. Quartier résidentiel fin XIXe, l’élégance du Paris haussmannien sans le snobisme ni les prix du 7e arrondissement. La Via Cola di Rienzo est l’artère commerçante principale, mix de chaînes et boutiques locales. Pour manger, éloignez-vous du Vatican de quelques rues : les trattorias authentiques que les touristes ne trouvent pas sont là, dans les rues transversales. Le marché couvert de Via Andrea Doria (lundi au samedi) est un concentré de produits romains — fromages, charcuterie, fruits de saison — fréquenté quasi exclusivement par les habitants.

Métro Ottaviano-San Pietro (ligne A), directement relié à Termini. Un vrai atout par rapport au Centro Storico qui n’a rien.

Termini et Esquilino

quartier termini rome

Personne ne vient à Rome pour Termini. On y dort parce que c’est pas cher et bien desservi. Point.

La gare Roma Termini : croisement des lignes A et B, bus pour Fiumicino et Ciampino, trains régionaux et grandes lignes. Hôtels à partir de 30 € la nuit (basique), 3 étoiles corrects autour de 65-80 €. Le revers : bruit, abords défraîchis, ambiance moyenne le soir. Côté nord de la gare, Via Marsala — évitez si vous êtes en famille.

Esquilino, juste au sud, c’est une autre histoire et j’aimerais qu’on en parle plus. Piazza Vittorio Emanuele II accueille un marché multiculturel. Les rues autour regorgent de restaurants chinois, indiens, éthiopiens, bangladais — certains parmi les meilleurs de Rome dans leurs catégories. C’est aussi là que se trouve la basilique de Santa Maria Maggiore, l’une des quatre basiliques majeures, souvent déserte malgré ses mosaïques du Ve siècle. Ça me rend dingue : les gens font la queue trois heures pour le Vatican et ignorent ça. Esquilino est un quartier en mutation, pas encore gentrifié, pas instagrammable, mais vivant et honnête.

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Astuce Termini

Si vous tenez au budget Termini, visez les rues au sud de la gare vers Piazza Vittorio. Esquilino a plus de caractère, et les quelques rues qui séparent les deux zones changent tout.

San Lorenzo

quartier san lorenzo

Pas un quartier pour visiter Rome. Un quartier pour sortir.

Jouxtant l’université La Sapienza (110 000 étudiants, la plus grande d’Europe), San Lorenzo se réveille à la tombée de la nuit. Les bars de la Piazza dell’Immacolata et de la Via dei Volsci deviennent le salon de la jeunesse romaine. Street art partout, centres sociaux autogérés, ambiance contestataire. La Rome qui ne figure dans aucun guide — et qui n’a aucune envie d’y figurer.

Si vous avez moins de 30 ans et un budget limité : bières à 3-4 €, pizzerias à 8 € le repas. Mais le choix d’hébergement est restreint et il n’y a pas de métro. Quinze minutes de marche jusqu’à Termini ou un bus. Pendant les vacances universitaires, le quartier se vide — gardez ça en tête si vous venez en août.

Aventino et Testaccio — Mes préférés (mais ne le dites pas à tout le monde)

Panorama de Rome au coucher du soleil depuis la colline de l'Aventin

Ces deux quartiers voisins, au sud du Palatin, partagent un point commun : les touristes n’y dorment presque jamais.

L’Aventino est la plus paisible des sept collines de Rome. Le Giardino degli Aranci (Jardin des Orangers, officiellement Parco Savello) offre une des plus belles vues de la ville — la coupole de Saint-Pierre qui se découpe sur le ciel au coucher du soleil. Le fameux trou de la serrure de la Piazza dei Cavalieri di Malta, qui cadre parfaitement Saint-Pierre dans un tunnel de haies, vaut le détour. Je l’ai montré à une dizaine d’amis qui venaient me voir. Chaque fois, même réaction. Quartier résidentiel haut de gamme, peu d’hôtels mais quelques B&B de charme. Pas de métro direct — station Circo Massimo (ligne B) en contrebas, 10 minutes à pied.

Testaccio, au pied de la colline, est le quartier gastronomique de Rome. Pas le Testaccio des blogs food — le vrai, celui où les Romains mangent depuis des générations. Le Mercato di Testaccio est un marché couvert, 103 stands, produits frais, street food, plats préparés. Le meilleur supplì (boulette de riz frite) de Rome est ici. Pas dans le centre. Ici.

Le soir, les anciens abattoirs reconvertis hébergent des espaces culturels et des clubs. Double vie : calme familial en journée, vie nocturne branchée le week-end. Les trattorias de Testaccio sont les dernières à servir les plats du « quinto quarto » — les abats. Trippa alla romana, coda alla vaccinara. C’est pas pour tout le monde (j’ai mis deux ans avant d’oser la trippa, et franchement, je comprends ceux qui passent). Mais c’est la cuisine romaine dans sa forme la plus brute.

Transport : station Piramide (ligne B) dessert les deux quartiers. C’est aussi le départ de la ligne Roma-Lido vers la côte — 30 minutes pour Ostia si vous avez envie d’une journée plage, même ticket. Hébergement : 90-130 € pour un B&B, offre limitée. Le vrai atout, c’est que vous vivez Rome sans le filtre touriste.

Combien ça coûte et comment se déplacer

Budget par quartier

Les prix varient du simple au triple. Fourchette réaliste pour une chambre double en 2025 :

  • Termini/Esquilino : 30-80 € — le moins cher, le plus large choix
  • San Lorenzo : 40-70 € — peu d’offre, prix étudiants
  • Trastevere : 56-130 € — bon rapport qualité-prix
  • Monti : 80-150 € — le compromis pour beaucoup
  • Prati : 84-180 € — excellent pour familles
  • Testaccio/Aventino : 90-140 € — rare mais authentique
  • Centro Storico : 150-300 € — le prix de la centralité

Haute saison : avril à juin, septembre-octobre. Juillet-août il fait 35°C, les prix baissent un peu sauf autour de Ferragosto (15 août) où la moitié des restaurants ferment — si vous débarquez le 16 août, bon courage pour trouver une trattoria ouverte. Décembre à février : meilleurs tarifs, hors Noël et Nouvel An.

Mes mois préférés ? Mars et novembre. Les prix chutent de 20-30 %, les queues aux monuments sont courtes, et la lumière sur les toits de Rome est à tomber. En mars, les glycines commencent à fleurir sur les façades du Trastevere. En novembre, les marrons grillés envahissent les trottoirs. C’est la Rome que j’aime — pas celle des vacances scolaires de la Toussaint avec 40 000 Français qui se marchent dessus au Vatican.

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Réservation

Réservez 2-3 mois à l’avance pour Trastevere et le Centro Storico en haute saison. Pour Termini et Prati, 3-4 semaines suffisent. Les prix sur Booking.com et Hotels.com fluctuent — consultez aussi les sites directs des hôtels, souvent 5-10 % moins chers. Je fais toujours la comparaison, et le site direct gagne 7 fois sur 10.

Se déplacer dans Rome

Le métro de Rome, c’est deux lignes utiles (A et B) qui se croisent à Termini. La ligne C existe mais elle ne sert à rien pour les touristes — elle dessert la banlieue est. Voilà, c’est dit.

Ligne A (orange) : Ottaviano (Vatican), Spagna (Place d’Espagne), Barberini (fontaine de Trevi). La ligne « monuments ».

Ligne B (bleue) : Colosseo (Colisée), Cavour (Monti), Circo Massimo (Aventino/Testaccio), Piramide (gare Ostiense, trains pour Fiumicino). La ligne « quartiers sud ».

Ticket simple (BIT) : 1,50 €, valable 100 minutes sur métro, bus et tram. Pass journalier (Roma 24H) : 7 €. Pass 72H : 18 € — rentable dès 3 jours. En comparaison, un ticket de métro à Paris coûte 2,15 € et ne donne pas accès au bus. Rome gagne.

Le métro ferme à 23h30 en semaine (1h30 vendredi-samedi). Après, bus de nuit ou taxi. Un trajet en taxi dans Rome : entre 8 et 15 € selon la distance, plus suppléments nuit et bagages.

Depuis Fiumicino : le Leonardo Express rejoint Termini en 32 minutes (14 €). Alternative moins chère : le train régional FL1 vers la gare de Trastevere (8 €), pratique si vous logez à Trastevere ou Testaccio. Depuis Ciampino : navettes bus (Terravision, SIT Bus), environ 40 minutes pour Termini, 6 € l’aller.

Taxis depuis les aéroports : tarif fixe de 50 € depuis Fiumicino vers le centre (à l’intérieur des murs d’Aurélien), 31 € depuis Ciampino. Ces tarifs sont officiels et affichés dans le taxi. N’acceptez jamais un chauffeur qui propose un prix différent « à la course ». Ça m’est arrivé une fois, j’ai dit non, il a fait la tête pendant 40 minutes. Tant pis. Consultez Turismo Roma pour les tarifs à jour.

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La réalité

Rome se visite à pied. En une journée type, vous marcherez 15 à 20 km. Le métro sert surtout pour les longs trajets (Termini-Vatican) ou quand les jambes lâchent en fin de journée. Prévoyez des chaussures en conséquence — pas des sandales, pas des tongs, pas vos Stan Smith neuves.

FAQ

Quel quartier pour une première visite à Rome ?

Monti, sans hésiter. Le Colisée à 10 minutes à pied, le métro Cavour (ligne B) pour rejoindre le reste de la ville, des bars et restos qui donnent le ton. Le Centro Storico fonctionne aussi si le budget suit — mais Monti offre un meilleur équilibre entre immersion et praticité. Évitez Termini : pratique sur le papier, décevant dans la réalité.

Où dormir pas cher à Rome ?

Autour de Termini, chambres dès 30 € la nuit. Pour un cadre plus sympa sans exploser le budget : San Lorenzo (quartier étudiant, à partir de 40 €) ou le sud d’Esquilino vers Piazza Vittorio. Sur Trastevere, le B&B Hotel Roma Trastevere affiche des nuits à partir de 56 €. Pour comparaison, essayez de trouver une chambre correcte à Paris à ce prix-là…

Quel est le quartier le plus sûr de Rome ?

Rome est globalement sûre. Les quartiers les plus tranquilles : Prati, l’Aventino et Monti. Le Centro Storico et Trastevere sont sûrs jour et nuit, mais les pickpockets rodent dans les zones touristiques — métro, Fontaine de Trevi, abords du Colisée. Termini demande un peu plus de vigilance le soir, comme n’importe quelle grande gare européenne. Rien de comparable avec certains quartiers parisiens, soyons clairs.

Quel quartier choisir en famille à Rome ?

Prati : trottoirs larges, rues plates, commerces pratiques, métro Ottaviano, Vatican à 5 minutes. Monti marche aussi si les enfants marchent bien — le Colisée fascine à tout âge. Évitez le Trastevere avec une poussette, les pavés sont un calvaire.

Rome se choisit avec le cœur autant qu’avec la carte. Après six ans ici, j’ai toujours pas fait le tour. Chaque rue cache un truc — une fontaine, un chat, un graffiti, une vue. Le meilleur conseil que j’ai ? Réservez un bon hôtel dans le bon quartier, mettez des chaussures confortables, et perdez-vous. C’est comme ça qu’on trouve les meilleurs endroits. Pas dans un guide. Même pas dans celui-ci.

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Dernier truc

Ne réservez pas un hôtel au dernier étage sans ascenseur. Beaucoup d’immeubles romains n’en ont pas, et après 20 km de marche, monter cinq étages avec des valises, c’est la fin de tout. Vérifiez la mention « ascensore » dans la description. Croyez-moi.
Camille Cottet
A propos de l'auteur
Camille
Camille vit à Rome depuis 6 ans. Ce qui devait être un Erasmus est devenu une installation définitive — elle ne s'en plaint pas. Freelance en communication, elle passe ses journées entre les ruelles du Trastevere et les chantiers de rénovation de la ville. Elle écrit sur l'Italie comme une locale : avec les bons coins, les arnaques à éviter, et une légère impatience pour tout ce qui est surfait.