La première fois que j’ai mis les pieds au belvédère de l’Escalès, j’ai cru que mon téléphone mentait. L’eau, là-bas tout en bas, était d’un turquoise qu’on ne voit que sur les photos retouchées. Sauf qu’elle était vraie, à 700 mètres en contrebas, entre des parois verticales que le soleil de 8h du matin éclairait encore à moitié.
Ce que je ne vous dirai pas, c’est que ce premier voyage s’était très mal passé. On était arrivés sans réservation, en plein août, avec deux gamins fatigués. Le premier parking était plein. Le deuxième aussi. On a raté le créneau du matin, et on a passé deux heures à chercher un hébergement dans un rayon de 30 kilomètres. Résultat : on a vu les gorges à travers un pare-brise, à 17h, entre deux détours de GPS.
J’ai fait l’erreur de venir sans plan. Le Verdon, ça ne s’improvise pas.
La deuxième fois, on a tout préparé. Trois jours, un itinéraire précis, les parkings notés, la navette réservée, le camping booké deux mois à l’avance. Et là, c’est devenu l’un des voyages dont les gamins parlent encore. Cet article, c’est exactement ce que j’aurais voulu lire avant la première visite. Visiter les gorges du Verdon en 3 jours, ça se fait. Mais seulement si on s’y prend bien.
Pourquoi 3 jours, et pas moins
Tout le monde se pose la question. Est-ce qu’on peut faire le Verdon en week-end ? Deux jours, c’est suffisant ?
Non. Pas vraiment.
En deux jours, vous allez devoir choisir entre le lac et les belvédères. Vous allez sacrifier le Sentier Martel parce qu’il faut une journée entière. Vous allez passer devant Moustiers-Sainte-Marie sans vous arrêter, et c’est un village qui mérite qu’on s’y attarde. En deux jours, on bâcle. Point.
Trois jours, c’est différent. Vous avez le temps de faire une chose par demi-journée, correctement. Vous pouvez attendre la lumière du matin au lieu d’arriver à 14h. Vous pouvez dormir sur place, partir tôt, être là quand les gorges sont encore silencieuses, avant les cars de touristes. Vous pouvez flâner dans Moustiers sans regarder votre montre. Bref, vous pouvez profiter.
Quatre jours ou plus ? C’est mieux, évidemment. Mais 3 jours bien organisés permettent de voir l’essentiel sans jamais courir. C’est le minimum que je recommande pour que ça vaille vraiment le déplacement. En-dessous, passez votre chemin.
Comment se déplacer dans les Gorges du Verdon
En voiture
La voiture est indispensable. Pas de transport en commun pratique pour relier les deux rives, et encore moins pour accéder aux belvédères. Les deux routes principales, la D952 côté rive gauche et la D71/D957 côté rive droite, sont étroites et sinueuses. Belles, mais à prendre sérieusement.
Quelques règles de base : arrivez avant 9h aux parkings des belvédères en juillet-août, complets avant 10h sans exception. Roulez lentement, la D952 impose sa propre vitesse. Et si vous arrivez en train, renseignez-vous sur la location de voiture avant d’arriver. Les agences dans le secteur sont très limitées.
En camping-car : l’option que je recommande
La deuxième fois qu’on est venus au Verdon, on est venus en camping-car. Ça a changé complètement le voyage.
L’argument principal, c’est l’autonomie. Entre les deux rives, il y a 30 à 40 kilomètres de routes de montagne. Avoir la liberté de s’arrêter là où on veut, de rester au belvédère de l’Escalès le soir quand tout le monde est parti, de déjeuner face aux gorges sans chercher un restaurant, ça n’a pas de prix. Et surtout, pas de stress de réservation d’hôtel en pleine saison, quand les chambres dans un rayon de 30 kilomètres sont prises en juillet depuis le mois d’avril.
Pour ce type de séjour en itinérance entre les deux rives, le camping-car est l’option idéale : autonomie totale, pas de contrainte de réservation, et la liberté de s’arrêter aux belvédères sans compter les heures. C’est ce qu’on a fait la deuxième fois. Côté rive droite et autour du lac, plusieurs aires d’accueil sont disponibles (on en parle dans la section hébergement).
Note importante : la D952, côté rive gauche, est déconseillée pour les grands camping-cars. Virages trop serrés, route trop étroite. Base principale : rive droite (D957).
La navette Blanc-Martel
Si vous prévoyez le Sentier Martel (et vous devriez), la navette du Parc naturel régional du Verdon est la solution logique. Elle part le matin du village de La Palud-sur-Verdon jusqu’au Chalet de la Maline, départ officiel du sentier, et assure le retour l’après-midi depuis le Point Sublime. Tarif : 8,50 € aller-retour adulte, 5,50 € pour les enfants de moins de 12 ans. Réservation en ligne obligatoire sur navette.parcduverdon.fr. C’est la seule fois où j’ai accepté de laisser ma voiture au village.
| Trajet | Distance | Temps de route |
|---|---|---|
| Castellane → Point Sublime | 22 km | 35 min |
| Moustiers → Aiguines | 18 km | 30 min |
| Aiguines → La Palud-sur-Verdon (D952) | 32 km | 55 min |
| La Palud → Belvédère de l’Escalès | 8 km | 15 min |
Rive droite ou rive gauche : ce qu’on ne vous dit pas
La question que personne ne pose vraiment, mais que tout le monde devrait poser : par quelle rive commencer, et pourquoi ? En cherchant des infos avant notre deuxième visite, j’ai lu des dizaines d’articles sur le Verdon. Aucun ne tranchait franchement. Tout le monde faisait semblant que les deux rives étaient équivalentes, ou esquivait avec un « ça dépend de vos envies ».
Je vais vous donner mon avis sans détour : rive gauche pour les sensations, rive droite pour dormir et pour le lac. C’est aussi simple que ça.
La rive gauche (D952), c’est la Route des Crêtes, les belvédères spectaculaires, les vues à 700 mètres au-dessus du fond du canyon. C’est là que se trouvent l’Escalès, la Carelle, le Tilleul. La route est étroite, parfois vertigineuse, peu adaptée aux grands véhicules. Mais c’est précisément ce qui en fait quelque chose d’unique. On s’y rend le matin tôt, on repart avant que les parkings soient saturés. Il n’y a pas grand-chose pour dormir sur cette rive-là, et c’est logique : les terrains plats sont rares.
La rive droite (D71/D957), c’est une autre ambiance. La route est plus large, moins vertigineuse dans le sens à-pic, mais elle donne accès au lac de Sainte-Croix, aux villages d’Aiguines et de Moustiers-Sainte-Marie, et à la quasi-totalité des campings et aires de camping-car de la région. C’est la rive où l’on pose les bagages. Les vues sont moins spectaculaires (les belvédères du Mayreste ou du Galetas n’ont pas le même effet que l’Escalès), mais c’est plus vivable en séjour.
Un point pratique que personne ne mentionne : la rive droite est aussi nettement mieux approvisionnée. Moustiers a des épiceries, des boulangeries, une pharmacie. La Palud-sur-Verdon (rive gauche) est bien plus petite. Si vous avez des enfants et que vous avez oublié quelque chose, c’est utile à savoir.
En trois jours, la logique de boucle est simple : jour 1 sur la rive gauche pour les belvédères, jour 2 centré sur le lac et Moustiers côté rive droite, jour 3 retour rive gauche pour le Sentier Martel avec départ de La Palud. On ne choisit pas entre les deux rives, on utilise les deux. Mais si vous ne deviez faire qu’une chose : la rive gauche pour les vues. Sans hésitation.
| Rive gauche (D952) | Rive droite (D71/D957) | |
|---|---|---|
| Belvédères | ★★★ (Escalès, Carelle, Tilleul) | ★★ (Mayreste, Galetas) |
| Route | Étroite, spectaculaire | Plus large, moins vertigineuse |
| Villages | La Palud-sur-Verdon | Aiguines, Moustiers-Sainte-Marie |
| Camping-car | Difficile (virages serrés) | Recommandé |
| Pour dormir | Plutôt non | Recommandé |
Itinéraire 3 jours dans les Gorges du Verdon
Itinéraire 3 jours — Gorges du Verdon
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1
Castellane Point de départ — Jour 1
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2
Point Sublime Vue panoramique sur le canyon
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3
Belvédère de l'Escalès 700 m de vide sous les pieds
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4
La Palud-sur-Verdon Base rive gauche — Nuit 1
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5
Aiguines Vue sur le lac depuis les hauteurs
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6
Lac de Sainte-Croix Plage des Salles, kayak — Jour 2
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7
Moustiers-Sainte-Marie Plus beau village, faïencerie — Nuit 2
Jour 1 : La Route des Crêtes, les belvédères, et ne pas être pressé
Base de départ : Castellane, côté est. C’est le point d’entrée naturel pour attaquer la Route des Crêtes par la D952 en direction de La Palud-sur-Verdon. Comptez environ 35 minutes pour les 22 kilomètres qui séparent Castellane du Point Sublime, mais ne vous faites pas d’illusions : vous n’arriverez pas en 35 minutes si vous vous arrêtez. Et vous allez vous arrêter.
Le programme du jour 1, c’est les belvédères. Pas tous, pas en courant. Les trois principaux, dans l’ordre depuis Castellane : la Carelle, l’Escalès, le Tilleul. Chacun donne sur le canyon depuis un angle différent, à des hauteurs qui varient. La Carelle est souvent le premier qu’on atteint, plus accessible, idéal pour une première prise de contact avec les gorges. Le Tilleul est le moins fréquenté des trois, même en saison.
Et puis il y a l’Escalès.
Le belvédère de l’Escalès, c’est celui dont on parle. 700 mètres de vide sous les pieds, le Verdon qui ressemble à un fil turquoise au fond du canyon. J’ai du mal à décrire ce que ça fait la première fois qu’on se retrouve face à ça. Les gamins se sont tus au bout de 10 secondes, et ils ne se taisent jamais. On est restés une heure.
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Pour la logistique : garez-vous au parking du belvédère de l’Escalès, sur la D952 au niveau du col. En semaine hors saison, pas de souci. En juillet ou août, arrivez avant 8h30 ou cherchez une alternative 500 mètres plus loin sur la route, il y a quelques petites zones de stationnement. En dehors des trois belvédères principaux, la D952 permet plusieurs arrêts spontanés avec vue directe sur le canyon. Profitez-en.
Un détail pratique que personne ne mentionne : les routes sont souvent fraîches le matin en altitude, même en juillet. Prévoyez un pull dans le sac.
L’après-midi, descendez vers La Palud-sur-Verdon. C’est le village de base pour la rive gauche : quelques commerces, un camping, un point de départ pour la navette du Sentier Martel le lendemain. Ce n’est pas le plus pittoresque de la région, c’est clair. Mais c’est sa fonction : être logistique. Si vous avez encore de l’énergie, le sentier du Couloir Samson (accessible depuis le Point Sublime, 45 minutes aller-retour sur la partie facile) donne un avant-goût du fond du canyon sans engagement majeur.
Family tip
Durée totale de ce jour 1 : comptez 7 à 8 heures avec les arrêts. Ce n’est pas une journée de repos. Mais honnêtement, c’est probablement la journée la plus marquante du séjour en termes de panoramas bruts.
Jour 2 : Le Lac de Sainte-Croix et Moustiers-Sainte-Marie
Ce deuxième jour est plus doux. Moins de vertiges, plus d’eau. Le lac de Sainte-Croix est l’autre visage du Verdon, celui que les familles adorent : une étendue d’eau turquoise de 2 200 hectares, bordée par des collines de calcaire blanc, avec des plages accessibles et des activités à foison.
Pour y accéder depuis La Palud-sur-Verdon, prenez la D952 vers Aiguines (environ 30 minutes pour 18 kilomètres). Juste avant de descendre, faites un arrêt sur la D957 côté Aiguines pour la vue d’ensemble sur le lac depuis les hauteurs. Le lac vu d’en haut avant d’y entrer, ça prépare le terrain. Descendez ensuite jusqu’à la plage des Salles-sur-Verdon.
Le matin appartient au lac. La plage des Salles est la plus pratique et la mieux équipée. L’eau est calme, peu profonde près des rives, idéale pour les familles. La base nautique municipale des Salles-sur-Verdon propose des kayaks à 14 € de l’heure ou 38 € la journée. Pour les gamins, Lac-Loc (sur la même plage) a des pédalos avec toboggan, ce qui occupe facilement une demi-matinée.
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L’après-midi est pour Moustiers-Sainte-Marie. Mon conseil : arrivez avant 14h ou directement en fin d’après-midi, après 17h. Entre 14h et 17h en haute saison, le village est saturé. Les ruelles deviennent difficiles à traverser, les terrasses pleines, et le charme disparaît sous la foule.
Moustiers mérite mieux que ça. C’est un des plus beaux villages de Provence, accroché à la falaise, avec une étoile de métal suspendue entre les deux parois calcaires (un chevalier de retour des Croisades, dit la légende, vrai ou pas, ça rajoute quelque chose). La rue du Four, le marché, les ateliers de faïence. On s’y attarde facilement.
Parlons de la faïence. Moustiers est réputée pour sa céramique depuis le XVIIe siècle. L’Atelier Bondil, Place Pomey en plein cœur du village, est l’un des ateliers les plus anciens (depuis 1980), reconnu Entreprise du Patrimoine Vivant. Si vous cherchez un souvenir qui ne ressemble pas à un magnet de souvenir, c’est là. Ma femme a failli ne pas repartir de Moustiers à cause de cette faïencerie. J’aurais dû vérifier les horaires d’ouverture avant.
Family tip
Où dormir ce soir : Moustiers ou Aiguines, côté rive droite. Les deux sont bien placés pour la suite. En camping-car, l’aire municipale de Moustiers-Sainte-Marie est à 6 € la nuit (eau comprise), mais limitée à 2 nuits en saison.
Jour 3 : Le Sentier Martel (et comment ne pas se retrouver coincé)
Le Sentier Martel, ou sentier Blanc-Martel, est LE sentier des gorges du Verdon. Le seul qui longe vraiment le fond du canyon pendant une grande partie de son tracé. C’est aussi le plus logistiquement complexe des trois jours, et c’est précisément là que les gens font des erreurs.
Commençons par la logistique, parce qu’elle conditionne tout le reste. La navette du Parc naturel régional du Verdon (réservation obligatoire sur navette.parcduverdon.fr) part le matin de La Palud-sur-Verdon pour déposer les randonneurs au Chalet de la Maline, départ officiel du sentier. L’après-midi, elle récupère les randonneurs au Point Sublime et les ramène à La Palud. Sans navette, vous pouvez aussi garer votre voiture au parking du Couloir Samson (côté Point Sublime) et prendre un taxi pour rejoindre le Chalet de la Maline (trois compagnies locales, tarif similaire à la navette : 06 20 32 87 47 ou 06 68 18 13 13).
À savoir
La durée réelle : comptez 5 à 6 heures si vous marchez sans trop traîner, 7 à 8 heures avec les pauses et les photos. Le sentier fait environ 14 kilomètres. Le dénivelé n’est pas énorme en chiffres, mais il y a des passages techniques, des tunnels sans lumière naturelle, et plusieurs sections où il faut faire attention où l’on met les pieds.
Le sens dans lequel faire le sentier : La Maline vers le Point Sublime. Toujours. Je ne vais pas vous donner un avis nuancé là-dessus. Ceux qui font le sentier dans l’autre sens remontent 400 mètres de dénivelé dans la chaleur de l’après-midi. J’ai vu des groupes faire cette erreur. Ce n’est pas agréable, et l’office du tourisme du Verdon le déconseille officiellement pour cette raison. Faites le dans le bon sens.
Sur le sentier lui-même : les premiers kilomètres depuis La Maline descendent vers le fond du canyon. La Mescla (confluence du Verdon et de l’Artuby) est l’un des points d’intérêt à mi-parcours. Les tunnels de Trescaïre et du Baou, vers le km 8-9, sont les passages les plus photogéniques et les plus sombres. Vraiment sombres.
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Le Couloir Samson, vers la fin du sentier, est l’autre moment fort : un passage entre deux parois presque verticales, très étroit, vraiment spectaculaire. C’est là que beaucoup font leur meilleure photo de la journée. Ensuite, la montée finale vers le Point Sublime est longue mais bien balisée en blanc et rouge (GR). Difficile de se perdre si on suit la signalisation. Pour des conseils généraux sur la préparation d’une randonnée en circuit, c’est utile avant de partir.
Niveau : moyen. Pas besoin d’être un athlète, mais il faut des chaussures de randonnée correctes (pas des baskets), de l’eau (2 litres minimum par personne en été, voire plus), et une frontale. Vous n’avez aucune raison de ne pas être équipé.
Family tip
En arrivant au Point Sublime en fin de journée, la navette vous ramène à La Palud. Récupérez votre voiture. C’est fini. Trois jours, et vous avez vu l’essentiel de ce que le Verdon a à offrir.
Où dormir : les vraies options selon votre style
Castellane
Castellane est le point d’entrée côté est. La ville en elle-même n’est pas le coin le plus séduisant de la région, honnêtement. C’est fonctionnel, sans plus. Mais c’est la base logistique idéale si vous commencez l’itinéraire par les gorges de l’est et le Point Sublime. Plusieurs hôtels et chambres d’hôtes en périphérie, des campings corrects, une vie de village suffisante pour se ravitailler avant de partir en montagne. Si vous avez le choix et que l’esthétique du village compte pour vous autant que la praticité, optez plutôt pour Moustiers. Mais Castellane, c’est commodo pour le premier soir.
Moustiers-Sainte-Marie
C’est le plus beau village des deux rives. Sans hésitation. Ma femme voulait y rester encore deux jours après notre passage, et je comprends : les ruelles en pierre, la cascade au fond du village, l’étoile suspendue entre les falaises, la vue sur la plaine de Valensole depuis les hauteurs. Les hébergements sont nombreux et variés, des chambres d’hôtes au gîte en passant par quelques hôtels de charme. C’est la base idéale si vous privilégiez le lac de Sainte-Croix et la rive droite. Comptez entre 80 et 150 € la nuit pour un hébergement correct en haute saison. Réservez plusieurs mois à l’avance. Ce n’est pas une figure de style.
Campings et aires camping-car
Deux options concrètes à noter. Le Camping Municipal Le Grand Canyon à La Palud-sur-Verdon est le camp de base naturel pour la rive gauche et le Sentier Martel : 140 emplacements, aire de service pour camping-cars, ouvert en saison. C’est là qu’on était lors de notre deuxième visite, et l’emplacement est idéal pour partir tôt sur la Route des Crêtes. Site : camping.lapaludsurverdon.com.
L’aire municipale de Moustiers-Sainte-Marie est à 6 € la nuit (eau comprise), limitée à 2 nuits en haute saison, règlement sur place auprès de la Police Municipale (des agents passent vers 9h le matin et 19h le soir). Pratique et bien placée pour rayonner vers le lac.
À savoir
Quelle est la meilleure période pour les Gorges du Verdon
Je vais vous donner ma réponse directement : mai-juin et septembre. Ce sont les deux fenêtres parfaites.
En mai-juin, les gorges sont encore vertes, l’eau du lac est fraîche mais souvent accessible, les parkings ne sont pas encore saturés, et les hébergements se trouvent sans réserver six mois à l’avance. Le Sentier Martel peut être humide sur certaines sections en mai, mais c’est gérable. Les jours sont longs, la lumière est belle tôt le matin, les températures restent raisonnables pour randonner sans souffrir.
Septembre, c’est peut-être le meilleur mois. Les familles des vacances scolaires sont reparties dès la fin août, l’eau du lac est encore chaude (elle garde la chaleur de l’été jusqu’à mi-septembre), les belvédères sont de nouveau accessibles sereinement, et le Sentier Martel ne ressemble plus à une autoroute de randonneurs. C’est notre mois préféré.
Juillet-août ? C’est possible, évidemment. Des millions de Français y vont et les gorges restent sublimes même bondées. Mais il faut accepter les contraintes : se lever à 6h30 pour avoir les belvédères pour soi, les parkings pleins à 9h30, les campings réservés depuis des mois, et les prix des hébergements qui peuvent doubler par rapport à juin. Ça se fait, mais ça se prépare encore plus soigneusement.
Évitez novembre à mars : la navette Blanc-Martel n’est pas en service, beaucoup de campings et d’activités sont fermés, et les routes de montagne peuvent être délicates. Le Verdon est beau en hiver, mais c’est un tout autre voyage.
Le plus beau coin des Gorges du Verdon (la vraie réponse)
On me pose souvent cette question. Et pour une fois, je ne vais pas répondre « ça dépend de ce que vous cherchez ».
Le plus beau coin des gorges du Verdon, c’est le belvédère de l’Escalès, en soirée, quand les bus de touristes sont repartis.
Vers 18h-19h en été, le parking se vide. Les groupes organisés sont partis. Il reste quelques voitures. Et là, debout face aux 700 mètres de vide sous les pieds, avec le Verdon qui vire à l’émeraude en bas, le soleil qui orange la roche à l’ouest, le silence… franchement, ça vaut le voyage à lui seul. Les gamins ont demandé si on pouvait rester dormir là. On a failli dire oui.
En deuxième position : le Point Sublime. Pour une raison différente. C’est la seule vue dans les gorges depuis l’intérieur du canyon, depuis le fond. On sort du tunnel du Baou en fin de Sentier Martel, on regarde les parois de l’intérieur. Plus intimiste, plus physique, plus dur à atteindre. C’est une autre perspective.
Les deux valent le détour. Mais si je ne devais en garder qu’un : l’Escalès, au coucher du soleil. Point.
Peut-on visiter les Gorges du Verdon sans voiture ?
C’est très difficile. Il n’existe pas de réseau de transport en commun reliant les deux rives de manière pratique. La navette Blanc-Martel est la seule alternative sérieuse, mais elle concerne uniquement le Sentier Martel (La Palud → Chalet de la Maline → Point Sublime). Pour les belvédères et le lac, la voiture ou le camping-car sont pratiquement indispensables. Si vous n’avez pas de voiture, envisagez de louer sur place à Castellane ou Moustiers.
Le Sentier Martel est-il difficile ?
Niveau moyen. Environ 14 km, 5 à 7 heures selon votre rythme. Pas besoin d’être un athlète, mais il faut de bonnes chaussures de randonnée, au moins 2 litres d’eau par personne, et une frontale pour les tunnels. Le sens recommandé est toujours La Maline → Point Sublime. Réservez la navette à l’avance sur navette.parcduverdon.fr.
Combien coûte une journée kayak sur le Verdon ?
La location de kayak au lac de Sainte-Croix coûte environ 14 € de l’heure ou 38 € la journée à la base nautique des Salles-sur-Verdon. Des pédalos avec toboggan sont aussi disponibles sur la plage des Salles, idéaux pour les familles avec enfants en bas âge.
Peut-on se baigner dans les Gorges du Verdon ?
Oui, principalement au lac de Sainte-Croix : eau calme, peu profonde, accessible à tous. Dans les gorges elles-mêmes, la baignade est possible en kayak sur certaines sections depuis le pont de Galetas, mais l’accès depuis les belvédères est inexistant et le courant peut être fort selon la saison.
Les Gorges du Verdon sont-elles accessibles en camping-car ?
Oui, avec des nuances. La rive droite (D957/D71) est adaptée aux camping-cars : routes plus larges, aires de service au Camping Le Grand Canyon à La Palud-sur-Verdon et à l’aire municipale de Moustiers-Sainte-Marie (6 €/nuit). La rive gauche (D952), en revanche, est déconseillée pour les grands véhicules : virages très serrés et portions très étroites.

