Pendant que les touristes s’entassent sur les ferries bondés de Capri, les Napolitains savent où aller. Procida. Celle qu’ils ne mettent pas sur Instagram. J’habite à Rome depuis six ans et j’ai mis deux ans avant que quelqu’un accepte de me donner le tuyau. Un ami napolitain. Avec un avertissement : « Si tu y vas en août, tu seras déçue. Si tu y vas en mai, tu reviendras. »
Il avait raison. L’île de Procida n’a rien de spectaculaire au sens classique. Pas de villa à flanc de falaise, pas de boutiques de luxe sur le port. Ce qu’elle a, c’est un caractère intact, des pêcheurs qui rentrent à l’aube, une lumière qui explique pourquoi deux grands films l’ont choisie comme décor plutôt que ses voisines plus célèbres.
Ce guide couvre tout ce qu’il faut savoir pour visiter Procida : transport depuis Naples, incontournables, plages, gastronomie, hébergement, budget et itinéraire. Sans vous faire perdre de temps.
Procida : l’île que les Napolitains gardent pour eux
3,7 km². ~10 400 habitants. Un seul accès : le ferry. Procida est la plus petite île habitée du golfe de Naples, coincée entre le continent et Ischia, et c’est précisément ce qui lui a permis de rester à l’écart du tourisme de masse qui a défiguré Capri et, dans une moindre mesure, Ischia.
L’île culmine à 91 mètres au sommet de Terra Murata, le quartier médiéval qui couronne le nord de l’île. Depuis là, on voit à la fois le Vésuve, Ischia et, par temps clair, Capri. Un panorama que vous partagerez avec quelques retraités napolitains plutôt qu’avec des hordes de touristes en shorts.
En 2022, Procida a été élue Capitale Italiana della Cultura, première île de la mer Tyrrhénienne à recevoir ce titre. J’étais à Rome à ce moment-là. On en parlait dans tous les journaux culturels, avec une pointe d’incrédulité : une île de pêcheurs, capitale de la culture ? Oui. Et ça a tout changé. Le Palazzo d’Avalos, l’ancienne prison fermée depuis 1988, s’est progressivement ouvert aux visites guidées. Des festivals, des résidences artistiques, un programme culturel permanent. Procida ne s’est pas transformée en parc d’attractions pour autant. Elle s’est juste réveillée.
Deux films ont aussi contribué à sa légende. Il Postino (1994), avec Massimo Troisi et Philippe Noiret, a été tourné en grande partie sur l’île : la plage Pozzo Vecchio, les ruelles de Corricella, les escaliers qui descendent vers la mer. The Talented Mr. Ripley (1999), avec Matt Damon et Jude Law, y a également posé ses caméras. Pas comme décor de fond. Comme personnage à part entière.
| Critère | Procida | Ischia | Capri |
|---|---|---|---|
| Tourisme de masse | Faible | Moyen | Élevé |
| Prix | €€ | €€€ | €€€€ |
| Authenticité | ★★★★★ | ★★★ | ★★ |
| Durée idéale | 1 à 2 jours | 2 à 4 jours | 1 journée |
Comment aller à Procida depuis Naples
Procida n’est pas directement reliée à un aéroport. Tout passe par le port de Naples, ou par Pozzuoli si vous venez de la Campanie. Le trajet est court, les options nombreuses. Voici ce qui compte réellement.
L’hydroptère depuis Naples : 35 minutes, deux compagnies
C’est l’option la plus rapide et la plus utilisée. Deux compagnies opèrent depuis le Molo Beverello, le port historique de Naples à deux pas du centre :
- SNAV : hydroptère rapide, ~35 min, depuis Molo Beverello uniquement
- Caremar : hydroptère ou ferry, selon la liaison, depuis Molo Beverello ou Calata Porta di Massa
Prix en 2025 : entre 20 et 23€ l’aller simple selon la saison. Comptez donc 40 à 46€ pour un aller-retour. En juillet-août, réservez impérativement à l’avance : les bateaux du vendredi soir et du week-end partent complets. Hors saison, les billets s’achètent sur place sans problème.
Pour rejoindre Molo Beverello depuis le centre de Naples, comptez 15 à 20 minutes à pied depuis la Piazza del Municipio.
Le ferry lent Caremar : moins cher et pour les vélos
Caremar propose également un ferry classique (non-hydroptère) depuis Calata Porta di Massa. Trajet : environ 1 heure. Légèrement moins cher que l’hydroptère. L’intérêt principal : il accepte les vélos. Si vous prévoyez d’explorer l’île à deux roues, c’est votre option. Il prend aussi les véhicules, mais en saison les voitures des non-résidents sont interdites sur l’île.
Depuis Pozzuoli : l’alternative méconnue
Pozzuoli est la ville côtière la plus proche de Procida, à ~30 km à l’ouest de Naples. Caremar y assure des liaisons régulières. Trajet : ~25 min. Moins fréquenté que les bateaux de Naples, souvent moins bondé en haute saison. Une bonne option si vous venez de la Campanie sans passer par Naples, ou si vous souhaitez aussi visiter le quartier de Naples qui borde le port avant de partir.
Depuis Ischia : si vous combinez les deux îles
Ischia et Procida sont à 20-30 minutes en ferry (Alicost ou Alilauro Gruson). Idéal si vous faites un combo : 2 nuits à Procida + 2 nuits à Ischia. Les deux îles se complètent bien : Procida pour l’authenticité, Ischia pour ses thermes et ses plages plus variées.
⚠️ Les véhicules : oubliez la voiture en saison
D’avril à fin octobre, les véhicules motorisés privés sont interdits sur l’île sauf pour les résidents. Vous arrivez à pied, vous vous déplacez à pied, en bus ou en scooter électrique (location sur place). C’est une contrainte qui contribue à préserver l’atmosphère de l’île, vous forçant à la vivre au rythme des habitants.
En pratique : Transport Naples-Procida
Que voir à Procida : les 5 incontournables
L’île est petite. En une journée bien organisée, vous pouvez voir l’essentiel. En deux jours, vous commencez à l’appréhender autrement. Voici les cinq lieux qui comptent réellement.
Marina di Corricella : la vue que tout le monde cherche
Corricella est ce qui rend Procida reconnaissable. Un port de pêcheurs aux façades pastel, jaune, orange, rouge, qui se superposent à flanc de colline depuis le XVIIe siècle. La vue depuis le belvédère de la Salita Castello est la photo emblématique de l’île. Et pour une fois, la réalité est à la hauteur de la photo.
La raison des couleurs ? Les pêcheurs peignaient leur maison d’une teinte unique pour pouvoir la reconnaître depuis la mer avant de rentrer. Chaque famille avait la sienne. Cette tradition a survécu et Corricella est aujourd’hui classée parmi les plus beaux villages de pêcheurs d’Europe.
C’est ici que Michael Radford a tourné les scènes extérieures d’Il Postino : les escaliers qui descendent vers le port, les terrasses où Massimo Troisi lit ses lettres. Une partie de The Talented Mr. Ripley aussi, les scènes de port ensoleillées où Jude Law fait son entrée.
Mon conseil : arrivez à Corricella tôt le matin, avant 9h. Les pêcheurs rentrent de nuit. À l’aube, quelques-uns tirent encore leurs filets sur le quai. La lumière est différente, plus douce, et vous êtes seul. Vers 11h, les excursionnistes de Naples arrivent par vagues. Vers 13h, le port est envahi. Le timing fait toute la différence entre une expérience mémorable et une sortie scolaire.
Le port de Corricella est aussi un port de travail : les bateaux de pêche sont amarrés au même endroit que les embarcations de plaisance. Ne vous attendez pas à un village-musée. Des filets qui sèchent, des caisses en plastique, une odeur de sel et de moteur. C’est justement pour ça que c’est beau.
Pour le meilleur angle de vue, montez jusqu’au belvédère Salita Castello avant de descendre vers le port. Depuis là, vous avez toute la baie et le profil de l’île.
Terra Murata : le village médiéval perché
Terra Murata est le point culminant de l’île (91 mètres) et son noyau historique originel. C’est le premier endroit habité de Procida, construit en hauteur pour se défendre des raids sarrasins. Les murs d’enceinte datent du XIVe siècle et certains sont encore debout.
On y accède à pied depuis Marina Grande en environ 20 minutes (montée assez raide), ou en bus C2 depuis le port (1,20€). Le quartier est peu fréquenté, les rues y sont quasi désertes même en plein été.
Deux visites incontournables :
Le Palazzo d’Avalos, construit en 1554 par les architectes du Cardinal Innico d’Avalos, transformé en prison en 1830 et fermé en 1988 après un siècle et demi d’incarcérations. Le bâtiment a été laissé à l’abandon pendant des décennies avant de progressivement rouvrir. Aujourd’hui, les visites guidées vous font traverser les cours intérieures, les cellules, la loggia baignée de lumière, et se terminent sur les toits avec une vue imprenable sur le golfe de Naples.
Une salle abrite une installation de l’artiste Alfredo Pirri : au lever du soleil, un rayon frappe une fenêtre et se réfléchit comme une gemme dans l’espace. Je ne vais pas vous vendre du rêve : les visites sont en italien ou en anglais, l’espace n’est pas muséifié à l’européenne. Mais l’émotion de marcher dans les couloirs d’une prison du XIXe siècle avec le golfe de Naples devant les fenêtres, ça ne s’explique pas.
Palazzo d'Avalos : Réserver sa visite
L’Abbaye San Michele Arcangelo, juste à côté, est l’autre grande adresse de Terra Murata. Fondée au Xe siècle, elle a été détruite et reconstruite plusieurs fois lors des invasions sarrasines. Ce qu’elle offre aujourd’hui, c’est un ensemble étonnamment riche pour une si petite île : plafond à caissons du XVIIe siècle en bois doré, statue de Saint-Michel de 1727, bibliothèque de 8 000 volumes anciens dont un des premiers atlas géographiques daté de 1570. Et dans les sous-sols, un ossuaire. La visite est libre pour la chapelle principale (donation appréciée) ; le musée attenant est accessible pour quelques euros supplémentaires.
Marina Grande : l’arrivée dans le vif
Marina Grande, c’est là que votre ferry accoste. Le premier contact avec l’île. Ce n’est pas le plus beau quartier, mais il a son caractère : bateaux de pêche, odeur de gasoil, bar à espresso à 1€ sur la Piazza dei Martiri. Si vous arrivez tôt le matin, les pêcheurs rentrent juste après l’aube et certains vendent directement à la criée sur le quai. Spectacle gratuit et réel.
L’église baroque Santa Maria delle Grazie borde le port, son dôme gris visible dès l’arrivée du ferry. C’est aussi dans ce quartier que se trouvent la gare routière (Via Roma, côté ouest) et les principaux loueurs de scooters et vélos. Prenez votre ticket de bus en tabac avant de monter.
Marina Chiaiolella : le bout de l’île tranquille
Excentrée au sud-ouest de l’île, Chiaiolella est un autre port, moins photographié et nettement plus calme. Quelques restaurants de poisson, des bateaux de pêche, une ambiance de villégiature italienne des années 1980. C’est là que les Napolitains qui louent pour l’été viennent dîner le soir. Pas grand chose à « voir » à proprement parler, mais une atmosphère très différente de Corricella.
C’est aussi le point de départ pour l’île de Vivara, accessible par un pont piéton.
L’île de Vivara : la réserve naturelle
Vivara est reliée à Procida par un pont de 120 mètres. 0,4 km², classée réserve d’État depuis 2002. Sur l’île : oiseaux migrateurs (plus de 200 espèces recensées), flore méditerranéenne protégée, ruines de fortifications espagnoles du XVIe siècle. Un lieu hors du temps, ignoré par la majorité des visiteurs de passage.
Attention : l’accès est réglementé. Vivara ne se visite qu’avec les guides naturalistes de la réserve, du mardi au dimanche (fermée le lundi). Réservation obligatoire sur le site officiel de la réserve avant de vous déplacer. L’île ferme régulièrement en cas de conditions météo ou de travaux. Vérifiez avant de prévoir votre journée autour de cette visite.
Les plages de Procida : où se baigner
Procida n’est pas une île à plages. Trois ou quatre, en sable noir d’origine volcanique, c’est tout, et c’est précisément ce qui la préserve. Les touristes qui viennent chercher une plage de sable blanc repartent vers Ischia. Les autres restent.
Spiaggia Chiaia est la plus belle. Un kilomètre de sable noir au pied de la falaise de Terra Murata, avec la silhouette de Corricella en arrière-plan. Accès à pied depuis Marina Grande (~15 min). Bar et restaurant sur place, une partie privée avec transats (~10€ la journée). Le matin, la lumière sur Terra Murata est saisissante.
Ciraccio et la plage de Chiaiolella forment la plage principale au sud-ouest de l’île. Zone privée et zone libre. La plus fréquentée en été, donc bondée en juillet-août. Accessible en bus L1 ou L2 depuis Marina Grande (~20 min). C’est là que viennent les familles napolitaines avec enfants et glacières. Ambiance animée, eau calme, poissonnerie ambulante.
Spiaggia di Silurenza est la plus proche du port de Marina Grande, à 450 mètres à pied vers le nord. Moins belle que Chiaia, mais pratique si vous n’avez que quelques heures sur l’île.
Spiaggia Pozzo Vecchio, surnommée « la plage du Facteur » depuis qu’Il Postino y a été tourné. À 500 mètres de Marina Grande, moins connue que Chiaia, encadrée de rochers. Plus mélancolique qu’idyllique. Si vous venez pour les films plutôt que pour le bronzage, c’est celle-là.
Le conseil de Camille
Gastronomie : que manger à Procida
Procida n’a pas de supermarché. Pas d’enseigne de fast-food, pas de pizzeria touristique. Que des restaurants de quartier, des petites épiceries familiales et des marchands de rue. C’est une contrainte qui force à bien manger. Et ça se ressent dans l’assiette.
Les spécialités incontournables :
- Frittura di paranza : friture de petits poissons locaux, servie chaude dans du papier journal à certains stands du port. Un classique napolitain à son meilleur niveau.
- Pasta ai ricci di mare : pâtes aux oursins frais. Les oursins (ricci di mare) sont pêchés localement selon une saison stricte : la pêche est légale de novembre à mai. Entre juin et août, la pêche est interdite, hors saison, ils sont quasi introuvables sur l’île. À Corricella, plusieurs restaurants en font leur plat signature dès l’automne.
- Insalata di polpo : salade de pieuvre marinée, ultra-fraîche. Les pieuvres sèchent encore sur les cordes à linge dans certaines rues du port.
- Les citrons de Procida : la variété locale, cultivée sur l’île depuis des siècles, est réputée pour la finesse de son écorce et son parfum intense. Ils entrent dans tout : le limoncello artisanal, la granita, les pâtisseries. Ramenez quelques bouteilles de limoncello local : ça n’a rien à voir avec ce que vous trouvez dans les souvenirs à Naples. D’ailleurs, si vous cherchez quoi ramener de la région, les souvenirs à rapporter de Naples et de la Campanie méritent un détour.
Fourchette de prix : un espresso coûte 1€, une pizza entre 8 et 12€, un plat de poisson entre 12 et 18€. Un dîner complet en terrasse à Corricella (entrée, pasta, secondo, vino) tourne autour de 25 à 40€ par personne. C’est deux à trois fois moins cher qu’à Capri pour une qualité équivalente.
Pour le dessert, la Bar Gelateria Chiaro di Luna à Marina Grande est indiquée par les habitués comme la meilleure de l’île. Granita au citron ou gelato : les deux valent le détour.
Une précision utile sur où manger selon le quartier : les restaurants du port de Corricella sont les plus pittoresques mais aussi les plus fréquentés : arrivez avant 12h30 pour avoir une table en terrasse avec vue sur le port. À Marina Grande, les établissements sont plus simples, moins chers, et vous aurez des chances de déjeuner à côté de pêcheurs venus vendre leur matinée. À Chiaiolella, l’ambiance est plus familiale, les portions généreuses, et les menus sont souvent affichés en napolitain uniquement. Un guide gesticulatoire sera nécessaire. Je parle d’expérience.
Le marché local se tient le matin à Marina Grande. Légumes de la région, citrons, herbes aromatiques. Si vous faites votre propre cuisine, c’est là. Si vous voulez emporter quelque chose à ramener, les petites épiceries près du port proposent du limoncello artisanal, des citrons conditionnés et de l’huile d’olive locale.
Où dormir à Procida
Rester sur l’île plutôt que de rentrer à Naples le soir change tout. Quand les excursionnistes repartent par le dernier ferry, Procida reprend son rythme naturel. Les rues se vident, les terrasses se remplissent de locaux, et vous comprenez pourquoi certains reviennent chaque année.
Budget (60 à 90€ la nuit)
L’Hotel Celeste (3 étoiles, au sud de l’île) propose des chambres doubles avec petit-déjeuner inclus à partir de 69€ hors saison. L’une des adresses les plus abordables sur l’île avec un service fiable. Les options Airbnb dans Marina Grande ou Chiaiolella descendent parfois à 50-60€ la nuit pour les petits appartements.
Milieu de gamme (90 à 150€ la nuit)
- Lido di Procida Guest House : directement sur la plage, vue mer, petit-déjeuner compris, à partir de ~90€.
- La Casa Azzurra : à Marina Corricella, grande maison divisée en appartements, 2 à 5 personnes, ~108€/nuit.
- Casa Vacanze Il Tramonto : face au port de Marina Grande, vue sur les bateaux, ~110€ la nuit.
Coup de cœur (150€ et plus)
- Casa Claudia : à Corricella, 40 m², vue directe sur la mer et le port de pêche, ~165€/nuit. Pour se réveiller avec Corricella sous les yeux.
- Albergo La Vigna : un 4 étoiles installé dans une ancienne exploitation viticole, avec jardin et piscine. L’expérience la plus authentiquement insulaire.
Le conseil de Camille
Budget pour un séjour à Procida
Procida est bien moins chère que ses voisines. Un couple qui fait la journée depuis Naples sans hébergement peut s’en sortir pour 100-120€ à deux. Voici le détail complet.
| Poste | Prix indicatif |
|---|---|
| Ferry Naples-Procida aller simple | 20–23€/personne |
| Ferry aller-retour | 40–46€/personne |
| Bus sur l’île | 1,20€/trajet |
| Location scooter électrique | 15–25€/jour |
| Hébergement | 60–165€/nuit selon catégorie |
| Expresso | 1€ |
| Pizza | 8–12€ |
| Déjeuner restaurant | 15–25€/personne |
| Dîner terrasse Corricella | 25–40€/personne |
| Palazzo d’Avalos (guidé) | 13€/personne |
| Abbaye San Michele | Gratuit (chapelle) |
| Plages (zones libres) | Gratuit |
| Transat + parasol plage privée | 8–12€/jour |
À titre de comparaison : un déjeuner simple à Capri coûte facilement le double. Procida vous offre la même Méditerranée pour la moitié du prix.
Procida en 1 jour : l’itinéraire idéal
Un jour suffit pour voir l’essentiel, à condition de partir tôt et d’arriver avant les groupes. Voici comment j’organiserais cette journée.
Itinéraire 1 jour à Procida
Si vous avez deux jours, passez la nuit sur l’île. Le lendemain matin, à l’aube, Corricella sans les excursionnistes est une autre expérience. Et le dernier ferry du soir vers Naples ne part pas avant 19h30 en haute saison. Vous pouvez profiter jusqu’au bout sans stresser.
Quand partir à Procida
L’île fonctionne toute l’année, mais la saison change radicalement l’expérience.
Mai-juin ✅ La meilleure période. Mer déjà autour de 20-21°C, fleurs de citronnier encore en fleur, foule inexistante en semaine. Tout est ouvert, les prix sont raisonnables. La lumière de mai sur Corricella justifie le voyage à elle seule.
Juillet-août ⚠️ Animé, cher, mais pas désagréable. Les Napolitains colonisent l’île le week-end : ferries bondés le vendredi soir, plages saturées le samedi. En semaine, c’est plus supportable. Réservez hébergement et bateaux 2 à 3 mois à l’avance.
Septembre-octobre ✅ Excellent. Eau encore chaude (22-23°C en septembre), foule retombée, lumière dorée d’automne. Probablement le meilleur équilibre de l’année, à égalité avec mai-juin.
Novembre-mars ℹ️ Pour les amoureux du calme absolu. Beaucoup de restaurants ferment en décembre et janvier. Les ferries sont moins fréquents. Mais l’île en hiver, avec ses habitants uniquement, a une atmosphère particulière que certains adorent.
Procida, Ischia ou Capri : quelle île choisir ?
C’est la question que tout le monde se pose en planifiant un séjour dans le golfe de Naples. Ma réponse directe : ça dépend de ce que vous cherchez. Voici le tableau honnête.
| Critère | Procida | Ischia | Capri |
|---|---|---|---|
| Prix moyen | €€ | €€€ | €€€€ |
| Tourisme de masse | Faible | Moyen | Très élevé |
| Authenticité | ★★★★★ | ★★★ | ★★ |
| Plages | Sable noir, peu nombreuses | Variées, nombreuses | Criques rocheuses |
| Thermes | Non | Oui (renommés) | Non |
| Durée idéale | 1 à 2 jours | 2 à 4 jours | 1 journée |
| Depuis Naples | 35–60 min | 40–80 min | 50–80 min |
Ma conclusion sans détour : si vous voulez de la plage variée et des thermes, allez à Ischia. Si vous voulez l’esthétique Instagram de luxe, allez à Capri une journée. Si vous voulez sentir l’Italie du sud, celle qui ne se met pas en scène, choisissez Procida.
Ce n’est pas une île pour tout le monde. Si vous aimez l’animation, les boutiques, les clubs de plage avec DJs, Procida vous décevra. Si vous aimez vous asseoir devant un port de pêche en mangeant des pâtes aux oursins en écoutant deux retraités napolitains débattre de football, vous comprendrez pourquoi les gens qui y vont reviennent.
Informations pratiques pour visiter Procida
Quelques détails qui changent la journée :
- Pas de supermarché : uniquement de petites épiceries et des marchands locaux. Prévoyez de l’eau et du cash (les petits établissements n’acceptent pas toujours la carte).
- Billets de bus : s’achètent uniquement en tabaccheria (tabac), pas dans les bus eux-mêmes. Prenez plusieurs tickets à l’avance.
- Prononcer Procida : « pro-tchi-da » en italien standard, ou « pro-chi-da » à la napolitaine. L’accent tombe sur la première syllabe dans tous les cas.
- Wi-Fi : limité hors hébergements. Prévoyez votre forfait data.
- Vivara : vérifiez l’ouverture avant de vous déplacer, l’île ferme souvent. Réservation sur le site officiel de la réserve obligatoire.
- Palazzo d’Avalos : réservation 2 jours à l’avance sur visitprocida.com.
- Office de tourisme : Via Roma, Marina Grande.
Comment aller à Procida depuis Naples ?
Depuis Naples, prenez l’hydroptère SNAV ou Caremar depuis le Molo Beverello : ~35 minutes de traversée, à partir de 20€ l’aller simple. Caremar propose aussi un ferry lent depuis Calata Porta di Massa (~1h, légèrement moins cher, accepte les vélos). En juillet-août, réservez à l’avance : les bateaux du week-end partent souvent complets.
Combien de jours faut-il pour visiter Procida ?
Une journée suffit pour voir l’essentiel : Corricella, Terra Murata, une plage. Deux jours permettent de vivre l’île en profondeur, notamment en passant la nuit sur place pour profiter de l’atmosphère du soir quand les excursionnistes repartent. Au-delà de deux jours, vous risquez de vous lasser sauf si vous cherchez un repos absolu.
Quelle est la meilleure période pour visiter Procida ?
Mai-juin et septembre-octobre sont les meilleures périodes : mer à bonne température, peu de monde, tout ouvert. Juillet-août est animé (voire bondé le week-end) mais pas désagréable en semaine. L’hiver est calme mais plusieurs restaurants ferment.
Procida ou Ischia : quelle île choisir ?
Ischia si vous voulez des thermes, des plages variées et plus d’animation. Procida si vous voulez l’authenticité, moins de touristes et des prix bien inférieurs. Les deux se combinent facilement : 20-30 minutes de ferry séparent les deux îles.
Pourquoi les maisons de Procida sont-elles colorées ?
Chaque famille de pêcheurs peignait sa maison d’une couleur distinctive pour la reconnaître depuis la mer à l’horizon, avant de rentrer au port. Cette tradition, héritée du XVIIe siècle à Corricella, a survécu et fait aujourd’hui la signature visuelle de l’île.

